Nouvelle Prorogation du Lancement

Nous avions annoncé (voir actualité du 18 avril 2018) que la NASA avait constitué un comité indépendant d’experts pour analyser la situation du JWST, suggérer les améliorations souhaitables dans la conduite du projet, et proposer une date réaliste pour le lancement.

Ce comité a rendu son rapport à la date prévue, le 26 juin 2018.

Jil Bridenstine, Administrateur de la NASA

A cette occasion, l’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine s’est adressé au personnel de l’agence pour lui signifier qu’après avoir pris connaissance du contenu de ce rapport, il soutenait plus que jamais, au nom de la NASA, cet ambitieux projet qui était vital pour la prochaine génération de chercheurs, et que le lancement était maintenant officiellement reporté au 30 mars 2021. Il ajoutait qu’une date de lancement en 2020 aurait été tout à fait réalisable, n’eût été les anomalies découvertes lors des derniers tests de vibration du bouclier thermique. Il annonçait aussi que son administration endossait la totalité des recommandations du comité.

Les risques encourus peuvent se regrouper en 5 phases distinctes, ce qui justifie la nouvelle date de lancement.

D’autre part, une conférence de presse conduite par Stephen Jurczyk, Administrateur Associé de la NASA, Thomas Zurbuchen Administrateur Associé de la NASA chargé des missions scientifiques, Tom Young, Président du Comité Indépendant de Revue (IRB, pour Independent Review Board), et John Mather, Prix Nobel de Physique en 2006, et Responsable Scientifique Principal du Projet au Centre des Vols Spatiaux Goddard, s’est tenue le 27 juin 2018 dans les bureaux de la NASA à Washington.

Tomas Zurbuchen, Administrateur Associé de la NASA chargé des scientifiques

A cette occasion, Thomas Zurbuchen a confirmé la nouvelle date de lancement et a fourni quelques informations supplémentaires, sur ce que ce nouveau délai signifiait en terme de budget, et sur les mesures qui vont être prises par la NASA, en terme de contrôle des opérations et de la conduite du projet par Northrop Grumman Aerospace Systems (NGAS, la société industrielle maître d’œuvre du projet)

« Compte tenu de cette nouvelle date de lancement, le coût total du projet est maintenant estimé à 9,66 milliards de dollars: les coûts de développement sont de 8,8 milliards de dollars, soit 877 millions de plus que le montant estimé en 2011. Le JWST est une mission de top priorité, et d’une importance capitale pour l’agence compte tenu de son potentiel exceptionnel et de ce qu’il nous promet en matière de Science! De plus, le JWST laissera un héritage scientifique exceptionnel et des innovations techniques d’avant-garde pour les années à venir. Il inspirera les générations futures d’astrophysiciens, d’explorateurs, de scientifiques, d’artistes, et d’ingénieurs » (Th. Zurbuchen).

Conformément à la mission qui lui a été confié, le comité IRB a identifié plusieurs facteurs qui peuvent influer sur le succès de la mission. Il recommande en particulier un suivi accentué de la part de la NASA sur les opérations conduites par NGAS: dans ce but, Zurbuchen a indiqué qu’un Gestionnaire de Commission auprès de NGAS serait bientôt désigné. D’autre part, la NASA va développer des composants électroniques et un logiciel de simulation pour aider à l’identification et la résolution des problèmes liés à l’écran thermique.

Il a insisté d’une manière forte sur les risques d’erreurs humaines pendant l’intégration des composants et la réalisation des tests.

Northrop Grumman Aerospace System doit engager des actions correctrices en ce qui concerne les processus, la formation, la certification du personnel et la responsabilité individuelle, et mettre au point des tests robustes, soumis à une analyse et un processus d’inspection. Il n’est pas normal, par exemple, que le nettoyage de valves se soit effectué avec un produit inadéquat. Cela ne se passera plus.

Enfin, à la question de savoir si de nouveaux tests des instruments auront lieu, Thomas Zurbuchen a répondu emphatiquement que tous les tests nécessaires avaient été déjà réalisés au Centre des Vols Spatiaux Goddard (GSFC, Goddard Space Flight Center, à Greenbelt, dans le Maryland) et au Centre Spatial Johnson (JSC, Johnson Space Center, à Houston, au Texas). Il est évident que des tests à température ambiante seront effectués, a-t’il ajouté, mais aucun nouveau test cryo-vide n’est prévu.

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